Dans la rue

CAEN – Acte XIII des Gilets Jaunes – Une manif agitée et des fachos dégagés

Des gilets jaunes caennais nous envoient leur récit de l’Acte XIII.

Un cortège encore fourni

C’est toujours une surprise et une joie de constater le monde présent aux manifestations. C’est une gifle permanente à l’endroit de la pseudo réalité construite à coup de radio et de télévision. Encore 3000 personnes à Caen partent en manifestation. Sonore et colorée, elle parcours la ville avec cependant un goût amer, car la tête de cortège est tenue par différentes milices et partis d’extrême droite, Parti de la France avec leur boss (leur gouleyant visage ici https://www.youtube.com/watch?v=VqLqYc67HnM) une vingtaine de fachos tout à fait déterminés pour opérer leur com à peu de frais et aussi à tabasser de l’antifa comme on le verra plus tard.

Le cortège passe à proximité du commissariat ce qui lui permet de constater qu’en plus des renforts en C.R.S, la préfecture a obtenu l’appui d’un hélicoptère de la gendarmerie, ce qui est rare à Caen. Nous continuons la promenade mais le cortège commence à avoir des doutes sur le bien fondé du trajet car il nous éloigne de la ville et de la bretelle d’accès au périph qui pourtant est à 200m de nous quand nous bifurquons hors la ville. Ça commence même à gueuler sévère quand la manif comprend qu’on l’emmène au Mémorial, musée sur la deuxième guerre mondiale. Qu’est-ce qu’on va foutre dans cet endroit ? La manif n’attend pas les discours et des gens se mettent à crier qu’il faut prendre le périphérique en contrebas du musée. En deux minutes voilà que tout le cortège s’ébranle pour descendre sur les voies. Comme quoi les gens sont plus déterminés que ce que peuvent croire les organisateurs. La police, elle, est plus clairvoyante et se doute bien que les gilets jaunes ne vont pas se contenter d’un petit tour en ville.

Tentative de blocage du périph et premiers gaz

À peine une centaine de personnes commencent à prendre possession du périph sur l’une des voies, les flics se positionnent et envoient les gaz. Il faut coucher les grillages pour sortir de l’autre côté. Après les charges de flics le cortège se reforme pour descendre en ville.

Sur la route du retour, les fachos passent à l’action. La vingtaine agit avec grande classe, elle saute sur un lycéen qu’elle désigne comme antifa et le tabasse. En deux minutes les gilets jaunes les arrêtent et le ton monte, les gilets jaunes empêchent aussi la riposte. Il faut du calme disent-ils ne comprenant pas qui est qui. Antifa, anarchistes etc, un bloc finit par se former au sein du cortège devant la menace, nous sommes surpris de l’audace des fachos et de la torpeur des gilets jaunes à leur endroit ; c’est parfois de la complicité «  on a besoin des extrêmes » parfois de la bêtise «  mettez vous dans un coin et tabassez-vous » mais aussi du soutien « les racistes on en veut pas ».

Des fascistes organisés mis à l’écart du cortège

Ces petits nervis reprennent la tête de la manif sauvage qui compte toujours plusieurs milliers de personnes et qui se dirige vers les ponts. Les flics eux protègent le chantier du tram sur la rue parallèle. Au sortir du pont les fachos voudraient nos faire aller tout droit pour à nouveau sortir de la ville, mais il n’est pas question qu’ils dirigent le cortège ni de continuer la promenade. Certains gilets jaunes proposent à la manif de se désolidariser de cette tête immonde et aussi de tourner à gauche sur le chantier. C’est chose faite, les fachos sont seuls et se quittent les lieux.

La manif prend le tram et accumule les barricades. Beaucoup de manifestants restent puis partent, la peur a repris du terrain. Le défaut de matériel offensif aussi est criant. Sans ces barricades la répression auraient été sauvage.

La police gaze et charge en courant. Les barricades les forcent à l’arrêt. Une heure durant la situation se tient à cet endroit dans une ambiance étrange, les manifestants n’ont pas confiance mais ils sont protégés. Les flics chargent à nouveau, de deux côtés cette fois, et le gros des troupes est reparti. Les barricades et les charges continuent sur près d’un kilomètre et au final on s’en sort avec 2 interpellations.

Pour finir, cette journée a pour beaucoup été vécu comme une victoire. Nous avons repris la rue et tenu un cortège uni. Cette confiance retrouvée sera peut-être le terreau d’un retour de l’offensivité. D’autre part la présence des fachos impose à présent de tenir un cortège solide et déterminé contre leurs offensives, qu’elles soient publicitaires ou violentes. Ceci ne sera pas un problème.

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