Toujours difficile, au milieu des fils d’actualité et des lives tweet qui pleuvent en long et en large, d’avoir une idée un peu claire de la situation nationale. Une chose est sûre, plus de 500 000 personnes sont descendues dans les rues hier, à l’appel de la fonction publique et des cheminots. De milliers de jeunes, lycéens et étudiants ont répondu également à l’appel.

Nantes, Bordeaux, Lyon et Monptellier, pour ne citer qu’eux, ont vu leurs universités bloquées, quand celles de Paris étaient fermées préventivement. Dans ces mêmes villes, de nombreux lycées ont connu le même sort. Quand ce ne fut pas le cas, la détermination de la jeunesse et la grève des professeurs ont permis aux lycéens de rejoindre les cortèges.

Non sans rappeler les belles journées du printemps 2016, la tête de cortège est revenue sur le devant de la scène. Composition et pratiques hétérogènes ont permis à ceux qui ne se retrouvent pas dans les vieilles formes de la contestation de vivre des moments forts, joyeux et combattifs. Au moins mille personnes se rejointes devant les organisations syndicales à Nantes, plusieurs milliers à Paris. Dans nombre de villes, des manifestations sauvages ont permis de prolonger, un temps soit peu, la partie. La police a, dans la plupart des cas, répondu très violemment : de nombreuses blessures (éclats de grenades, flasball et coups de martaques) et arrestations sont à déplorer.

A Nantes, Monptellier et Lyon de grandes assemblées générales se sont tenues à la suite des manifestations. Elles ont été chaque fois très fournies et dynamiques. Le 19 avril est la prochaine grande date nationale d’appel à la grève et à la mobilisation. Considérée comme trop lointaine pour beaucoup, des échéances sont déjà posées pour faire monter la sauce en vue d’un printemps chaud.

Le 31 mars, des manifestations contre toutes les expulsions (de migrants, de ZADs, de précaires…) sont prévues un peu partout en France. Celles de Lyon et de Nantes apparaîssent comme les plus évidentes à rejoindre, au vu des situations locales.

Le 3 et 4 avril sont les prochains jours de grève lancés par les cheminots. Ils prévoient d’ores et déjà des actions et ils appellent à être soutenus.

Ce matin, nous apprenons que la fac de droit de Monptellier, occupée à la suite de la manifestation, a été expulsée violemment par un groupe masqué et armé de bâtons en pleine nuit. Epaulée par le doyen de la fac Philippe Petel, l’administration et la police, la milice armée a pu frapper sans retenu les étudiants pris par surprise (dont 4 ont été sérieusement blessés) et ont pu repartir sans être inquiétés par les force de l’ordre.

Un chiffre record dans la rue (au regard des derniers mois), une situation explosive dans les facultés, des manifestations et grèves prévues courant avril… En route pour un printemps qui s’annonce chaud.