Retour sur le week-end inter-comités du 3 et 4 mars à Bure.

Le 22 février dernier, au petit matin et avec le plus grand effet de surprise, plus de 500 gendarmes ont déferlé sur Bure et le bois Lejuc. Promis à la destruction, ce dernier était occupé depuis plus d’un an en opposition au projet d’enfouissement de déchets nucélaires mené conjointement par l’Etat, l’ANDRA et EDF. Moteurs éteints et à pas de loups, les forces de l’ordre ont pris au réveil la dizaine de hiboux dormant dans les bois, coupant court à toute possibilité de résistance. Les gendarmes mobiles ont alors détruit les habitations, barricades et autres cabanes en construction, dont la tant attendue du Comité Dijon-Bure. Depuis, deux personnes sont incarcées dans l’attente de leur procès.

Le week-end dernier était organisé une rencontre inter-comités programmée depuis plusieurs mois déjà. Au vu de la situation, cette date apparaissait comme le rendez-vous évident pour converger vers Bure et venir renforcer la lutte. Plus de 400 personnes, venues de toute la France, ont répondu à l’appel. Une réussite pour de telles conditions météorologiques, mais trop peu pour tenir les objectifs prévus : installer une vigie en bordure de bois sur le terrain d’un agriculteur partisan de la lutte, et braver l’interdiction de s’introduire de nouveau dans le bois Lejuc.

S’élançant depuis l’Affranchie, le nouveau hangar acquis récemment par le mouvement d’opposants à Mandres-en-barrois, le cortège a dû faire face sur son chemin à plus d’une dizaine de fourgons de GM, un canon à eau, et des centaines de gendarmes. Malgré la tentative de les contourner et de protéger les morceaux de la vigie, le contact fut inévitable. Déployés sur des centaines de mètres telle une battue, les gendarmes n’en attendaient pas plus pour tirer des dizaines de grenades lacrymogènes. Protégés par des dizaines de boucliers à l’effigie de Nicolas Hulot et par des banderoles renforcées, les hiboux ont fait le choix de se replier et de rentrer ensemble, avec la totalité de la vigie et sans blessures graves.

Un terrain peu favorable et un dispositif policier d’une telle ampleur (plus de 1000 gendarmes mobiles) nous laissent penser qu’une manifestation massive de réoccupation, incluant des pratiques de lutte aussi différentes que complémentaires, pourraient permettre le dépassement de cet obstacle. Celle-ci supposerait de percevoir ce qui se joue à Bure, non comme une énième lutte locale contre l’aménagement capitaliste du territoire, mais comme une lutte qui, de par l’essence même de ce qu’elle combat, se pense d’emblée à un niveau national si ce n’est international.

C’est ainsi que la dizaines de comités provenant de partout en France et même d’Allemagne semblaient voir la suite de ce week-end. Une multitude d’actions, d’infos-tours, de soirées de soutiens et de constructions de cabanes en kit sont d’ores et déjà prévus dans l’attente de la date fatidique : celle de la réoccupation.

Une expédition à un peu moins d’une centaine de personnes vers le bois Lejuc a eu lieu dimanche en fin de matinée, 9 manifestants ont été interpellés à cette occasion.

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