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La #GrèveDesLoyers comme forme d’action collective en période de confinement mondial

Depuis que le confinement généralisé a commencé à s’imposer de l’autre côté de l’Atlantique, une idée fait son chemin sur les réseaux sociaux : la #GrèveDesLoyers (#RentStrike). Les mesures d’exception qui accompagnent l’épidémie de Coronavirus, et notamment le fait de devoir rester chez soi, vont priver de revenus des millions de gens : travailleur.e.s licencié.e.s ou dont les contrats ne seront pas renouvelés, précaires, indépendant.e.s, personnes dépendant de l’économie informelle, etc. La situation est particulièrement alarmante aux États-Unis, où le droit du travail, la protection sociale et l’accès aux soins pour les plus pauvres sont quasiment inexistants.

Pour les partisans de la #GrèveDesLoyers l’équation est simple : nous ne pouvons pas travailler = nous ne pouvons pas payer. D’où les deux possibilités suivantes : soit les autorités déclarent un gel des loyers au moins pendant la durée du confinement, soit les locataires vont devoir imposer d’eux-même cette interruption par le refus pur et simple de payer.

La nécessitée d’une #GrèveDesLoyers organisée

Qui cesse de payer son loyer s’expose évidemment à des sanctions et prend le risque d’être expulsé de son logement à plus ou moins long terme ou de finir par crouler sous les dettes. D’où la nécessitée d’une #GrèveDesLoyers organisée. Pour démontrer la nécessité d’un mouvement organisé, le graphique suivant, inspiré de la comparaison des courbes d’évolution du nombre de cas de coronavirus avec ou sans mesures de confinement, a commencé à circuler :

Tous les appels insistent sur la nécessité d’une solidarité de la part de celles et ceux qui peuvent payer le loyer, pour protéger celles et ceux qui ne peuvent plus se le permettre, et rendre la répression du mouvement plus difficile.

« Très vite, l’idée a été reprise mondialement, trouvant un écho particulier dans les pays déjà durement touchés par la crise du logement. »

Le texte du collectif américain CrimethInc. « Survivre au virus, une méthode anarchiste » résume bien les atouts d’une lutte organisée par le bas : « Pour qu’une grève des loyers soit couronnée de succès à l’échelle nationale, au moins une de ces initiatives devra prendre suffisamment d’ampleur pour qu’un grand nombre de personnes soient certaines de ne pas être laissées pour compte si elles s’engagent à participer. Cependant, plutôt que d’attendre qu’une seule organisation de masse coordonne une grève massive depuis le haut, il est préférable que ces efforts commencent au niveau de la base. Les organisations centralisées font souvent des compromis au début d’un processus de lutte, sapant ainsi les efforts autonomes qui donnent du pouvoir à ces mouvements. »

Très vite, l’idée a été reprise mondialement, trouvant un écho particulier dans les pays déjà durement touchés par la crise du logement (due à la crise financière, la spéculation immobilière, la gentrification, la pression touristique, etc.) comme l’Espagne ou l’Italie. Dans les grandes villes d’Amérique du Nord et du sud de l’Europe, l’accès au logement est en effet bien souvent le problème central dans la vie d’une majorité de gens.

 

Le drap blanc, synonyme de trêve, est devenu l’emblême de la #GrèveDesLoyers et commence à fleurir aux balcons de Montréal, Chicago, Atlanta ou Barcelone.

 

 

 

La #GrèveDesLoyers s’inscrit dans la campagne plus générale des #5Demands ou #5Actions pour l’autodéfense face à l’épidémie de Covid-19 qui comprend également l’accès aux soins pour tou.te.s, l’interruption du travail, la libération des prisonnier.e.s et le logement pour tout.te.s.

Différentes versions de cette plateforme circulent sur les réseaux. Ces cinq axes de lutte ne sont pas nécessairement à prendre comme des revendications (forcément irréalisables) opposées aux autorités mais plutôt comme des guides de base très simples pour aiguiller les actions à mettre en œuvre en ce moment : soutien aux grèves, aux centres de soins gratuits, aux luttes des détenu.e.s, aux occupations de logement, etc.

La #GrèveDesLoyers est peut-être l’une des seules formes possibles de pression collective dans un contexte de confinement

Seules la pression, la menace, la mobilisation peuvent contraindre les autorités à céder sur des points. Or, en cette période de confinement, les manifestations sont impossibles (on peut pas sortir dans la rue), les grèves de plus en plus difficiles (les lieux de travail ferment les uns après les autres), les blocages irréalisables (chacun est bloqué chez soi)…

La #GrèveDesLoyers est peut-être l’une des seules formes possibles de pression collective dans un contexte de confinement. On savait la classe ouvrière atomisée par les transformations du monde du travail, cette atomisation est désormais arrivée à son point extrême avec la séparation totale des corps par le confinement. Mais les pauvres du monde entier partagent encore une condition commune : celle de devoir engraisser un rentier pour avoir un toit au-dessus de la tête. De cette condition commune peut naître une lutte commune, à son tour pourrait devenir la mère de toutes les batailles dans ce moment crucial parce qu’elle pose la question de la légitimité du noyau même du capitalisme : la propriété privée.

Pour rejoindre le chat telegram en français sur la #GrèveDesLoyers :
https://t.co/a3TyMl5Crn?amp=1

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