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Les médailles de l’infamie

Castaner décore les policiers à l’origine des violences policières les plus médiatisées sous les gilets jaunes.

Décidément ce gouvernement ne reculera devant aucune crapulerie. Et son indécence semble n’avoir aucune limite. Après avoir mutilé en série des centaines de gilets jaunes pour écraser une révolte qui menaçait un peu trop sûrement le monde qu’il défend, il s’agit maintenant d’assurer le service après-vente. Depuis de nombreux mois une autre bataille se joue au niveau de l’opinion publique. Des médias nationaux comme le monde, des organisations comme Amnesty International, l’association chrétienne pour l’abolition de la torture ACAT ou la Ligue des droits de l’homme qui ne sont pas réputés pour être anarchistes, la Cour européenne des droits de l’homme, le Parlement européen, mais aussi l’ONU, tous se sont inquiétés de l’étendue de ce qu’on appelle des violences policières mais qui sont en réalité des violences politiques. Mais pour le gouvernement, et le président Macron, il est inadmissible de parler de violence policière. Évidemment il en va de même pour les principaux communicants des forces de l’ordre, la directrice de l’IGPN en tête.

Une nouvelle étape vient d’être franchie

Dans un éclair de perversité comme seuls peuvent en avoir les communicants dont le métier est de défendre l’ordre, ce gouvernement vient donc de décider de décorer des policiers qui ont joué un rôle particulier dans des violences qui ont eu un retentissement médiatique important.

Comme nous l’apprend Mediapart,
« Christophe Castaner vient de médailler, le 16 juin, un certain nombre de ses agents, parmi lesquels au moins cinq sont impliqués dans des enquêtes concernant des violences policières. Y figureRabah Souchi, à la tête de la charge de police ayant provoqué les blessures de Geneviève Legay à Nice ou encore Bruno Félix, qui commandait les CRS auteurs des tirs ayant tué Zineb Redouane à Marseille. »

Le comissaire impliqué dans l’affaire Steve décoré

Créée en 2012, la médaille de la sécurité intérieure est « destinée à récompenser les services particulièrement honorables notamment un engagement exceptionnel, et à récompenser des actions revêtant un éclat particulier ». Pour l’année 2018-2019, le ministre de l’intérieur Christophe Castaner a pourtant choisi d’honorer des policiers ayant commis des violences policières (consultez ici la liste des médaillés ici.

Parmi les médaillés de la « promotion exceptionnelle médaille de la sécurité intérieure « gilets jaunes », récompensés le 16 juin, figurent Grégoire Chassaing, le commissaire qui a notamment donné l’ordre d’utiliser les gaz lacrymogènes à Nantes le soir de la disparition de Steve Maia Caniço, mais aussi Rabah Souchi et sa compagne Hélène Pedoya, qui se sont distingués lors des opérations de maintien de l’ordre
causant les blessures de Geneviève Legay (violement heurtée par un policier lors d’une charge disproportionnée, le 23 mars, à Nice). Le commissaire est aujourd’hui récompensé.

Il s’agit d’une promotion spéciale gilet jaune commandée par Castaner lui-même pour l’occasion ce qui montre assez qu’il s’agit d’une pure opération de communication.

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