A l’appel du Mouvement Lycéen Rouennais, plus de 400 lycéens sont descendus jeudi 25 janvier dans les rues de Rouen contre les suppressions de postes, d’options et de classes, et contre la réforme du BAC et la sélection à l’université. Le texte d’appel :

Cela faisait 30 ans que le gouvernement ne nous avait pas ressorti la menace d’une sélection à l’entrée de la fac, par peur d’une énième mobilisation massive.
Et Macron pensait pouvoir profiter de la faillite anticipée d’APB, pour imposer un principe dont personne ne veut ?
Ici, le but est clair : revaloriser l ‘enseignement supérieur privé, marginaliser certaines classes en les excluant et en continuant de nier les problèmes d’inégalités sociales.

Aujourd’hui, en 2018, 130 ans après les lois Ferry sur l’éducation, Macron et son gouvernement démolissent toutes ces avancées durement gagnées.
Suppression de classes, suppressions des options, inutilité des dérogations, difficultés supplémentaires pour l’accès aux classes techniques, disparition de postes…

Tandis que les lycéens pâtissent de coupures profondes dans un budget déjà fortement meurtri, les universités, excluent par les médias, ont été la première phase de cette restructuration de l’éducation.
Des locaux délabrés, un cruel manque de place, des étudiants qui ont dû patienter plus de six semaines avant que leur année scolaire ne commence.

Supprimer toutes ces notions c’est empêcher à des jeunes d’accéder à un futur qu’ils ne peuvent acquérir si l’Éducation Nationale, l’État, Macron s’opposent à eux dans un combat où tous seront perdants.

A Jeanne d’Arc, nous avons ressenti un besoin immédiat de manifester notre mécontentement face à des dispositions qui sont illégitimes. Nous demandons aux étudiants de Rouen et de France de venir manifester avec nous le 25 Janvier et le 1er Février pour faire entendre notre voix.

Ceci vous concerne, c’est votre avenir dont il est question. Voulez-vous vraiment qu’on sabote votre futur dans votre dos ? Osez vous faire entendre.

Avenir, réclamez la parole.

 

Ce à quoi nous avons à faire n’est pas une énième « réforme de l’éducation », mais à un nouveau mode de production des travailleurs :

« Il [ce nouveau mode de production] tâche alors de fabriquer, et le plus tôt sera le mieux, une jeunesse intégralement conforme au monde marchand. Les collégiens, les lycéens doivent baigner dans l’ambiance du capital au point que le capital même devienne leur milieu intérieur. La méthode : déterminer férocement leurs compétences depuis le plus jeune âge, les assigner à une auto-évaluation de tous les instants, nourrir en eux la plus grande inquiétude quant à l’avenir. »

« La bataille en cours n’est pas pour des moyens et des égalités, c’est une bataille pour rendre l’existence, ses espaces, ses lieux, ses corps inutilisables. Nous ne manquons pas d’unité et de syndicats, nous manquons de la plus élémentaire confiance en la jeunesse qui a besoin des armes du savoir pour se savoir une arme.

On n’est certainement pas à l’école pour travailler. »

L’article complet : https://lundi.am/On-n-est-pas-a-l-ecole-pour-travailler

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