Une poignée de lycéens se sont retrouvés tôt ce matin au lycée Jeanne d’Arc pour une tentative de blocage. Dès 7h, l’administration fait appel aux forces de l’ordre, tel un réflexe, pour dissuader les jeunes de se mettre en grève. L’époque où les facs et les lycées bénéficiaient encore d’une « imunité » quant aux interventions policières semble définitivement révolue.

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« Vous ne pouvez pas obliger vos camarades de classe à faire grève, étudier est un droit » lancent sans sourciller les CPE et proviseurs aux bloqueurs. Si la plupart des élèves sont rentrés aujourd’hui en cours, ça n’était pas par choix mais bien par contrainte. Cela fait déjà quelques années qu’au moindre retard ou à la moindre absence, les parents d’élèves reçoivent automatiquement des SMS pour en être avertis. S’en suivent des représailles parentales et des dossiers alourdis d’absences injustifiées pénalisant grandement les élèves maintenant soumis à des critères de « sélection ». Sans l’appui des professeurs, comme ça a pu être le cas au lycée Jeanne d’Arc il y a quelques semaines, seul le blocage intégral du lycée et la banalisation des cours peut permettre aux lycéens leur mise en grève et la participation aux manifestations.

Vers 9h30, finalement rejoint pas quelques étudiants et lycéens d’autres lycées, le cortège se lance vers le point de départ de la manifestation. Quelques syndicalistes viennent fournir les rangs et suite au débrayage du lycée Blaise Pascal, environ 300 personnes déambulent dans les rues de Rouen. La techno rythme les pas des manifestants et les fumigènes viennent illuminer la grisaille des rues commerçantes.

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Comme décidée à l’AG étudiante de la veille, le cortège ne s’est pas terminée à la Préfecture (rituel plombant des prises de paroles syndicales stériles) mais a prolongé sa course jusqu’au campus de Mont Saint Aignan ! Une partie des manifestants ont fait le chemin à pieds, d’autres en bus pendant que certains ont quitté prématurément l’aventure. « Flème gros », diront-ils.

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Après une longue marche, une centaine de lycéens et étudiants sont finalement arrrivés à bond port, sous les regards ébahis des étudiants-non-manifestants. Un amphi est spontanément investi pour y tenir une assemblée. Au cours des prises de parole, le constat d’un mouvement qui bat de l’aile est partagé. On est peu, les blocages échouent, trop peu de dates nous sont offertes pour rebondir. Il y a l’idée de varier les formes d’action et de trouver des moments de partage autre que les AG.

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Une proposition ressore finalement du lot et fait consensus : se concentrer sur le 22 mars qui est la prochaine grosse date inter-syndicale, rejointe par la fonction publique. L’idée est de faire précéder cette date d’un rendez-vous commun (aux lycéens, étudiants et professeurs) sur le campus de Mont Saint Aignan le mercredi 14 mars. Un repas y serait organisé à 13h et une AG y serait tenue en vue de s’organiser pour la manifestation. D’ici là, chaque lycée et fac diffuse des tracts d’appel (à l’AG du 14 et à la manif du 22) pour y faire venir un maximum de personnes.