Le MLR (Mouvement des Lycéens Rouennais) est un collectif de lycéens né à la suite du mouvement Rémi Fraisse. Il regroupe des personnes de différents lycées del’agglomération rouennaise et permet la coordination d’actions indépendantes des syndicats lycéens et étudiants : blocus et manifestations sauvages. Il a été un acteur décisif au cours du mouvement contre la loi « travaille! » et #justicepourthéo.

Du printemps 2016 il ne résulte finalement qu’une chose. Des coups de matraque aux pluies de lacrymo, des incartades politico-syndicales aux 49-3³ en passant par les désillusions politiques, le mouvement social aura donné naissance à une force qu’ils n’auront pas tôt fait de dompter.

Le 14 juin pourrait en être la date d’anniversaire. Le fait est que dans ce corridor haussmannien de plusieurs kilomètres ultras policé et à l’air vicié, elle a émergé en chacun de nous. Et ce après plusieurs mois de gestation intense dans une couveuse policière toujours plus oppressante. Elle a absorbé l’individu en son sein, l’a transcendé en un seul et même corps, une même énergie, une même volonté inébranlable. Il s’est, ces mois-ci, matérialisé en une entité. Une ombre se jouant de l’autorité, de l’État, de son bras armé, parfois des trois réunis.

Elle progresse dans une nappe de fumée opaque, mystique, s’en extirpe pour se manifester dans tout ce qu’elle a de plus majestueux, de plus beau, de plus violent, avant d’y disparaître. De son passage, il ne reste que du verre brisé et des mots plus ou moins doux sur les murs. Elle reste insaisissable aux yeux de quiconque ne la connait pas, pour l’intelligentsia politico-médiatique, elle n’est qu’en marge. Elle se disperse au vent comme des cendres aussitôt la fumée dissipée.

1.jpg

Cette chose née au printemps 2016 pourrait bien être un phoenix, entité mystique s’ébrouant en une myriade de flamme avant de disparaître pour mieux renaître. Cette force reste indomptable car elle réside en chacun de ceux prêt à se battre pour leurs idées, contre des lois et un système ultra libéral oppressant, contre une société inégalitaire, contre l’exclusion sociale, le racisme, la xénophobie.

Finalement le printemps 2016, à défaut d’empêcher l’adoption de la loi travail, aura donné naissance à ce qui deviendra le pire cauchemar de la classe dirigeante : une force d’opposition directe, prête à ressurgir du moindre nuage de lacrymo.

De Calais à Sivens, de Notre-Dame des landes à Bure, de Paris à Montpellier où brûlait d’ailleurs une permanence du PS samedi dernier, ils ne seront plus jamais en paix.