Nos envoyés spéciaux Rouen dans la rue relatent le troisième jour d’expulsion de la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes qui a débuté lundi 9 avril au matin.

De nouveau, nous sommes réveillés très tôt le matin par les détonations toujours aussi impressionnantes de grendes offensives. Nous n’avons que peu d’infos sur le déroulement des événements tout au long de la nuit. Nous apprenons dans la foulée que jusqu’à tard dans la soirée de mardi à mercredi, peu parès la retraite des GM, les survivants de cette longue deuxième journée d’affrontements intenses ont érigées de nouvelles barricades jusqu’au Lama Fâché.

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Aux alentours de 8h, au moment où beaucoup de monde commence à converger vers ce point de crispation, les flics sont déployés sur la route face à la barricade fumante, et sur les deux champs voisins. D’un côté des carcasses de caravanes font office d’abri, et de l’autre, des centaines de gens dansent, chantent, jouent au volée, renvoient les lacrymos à la raquette de tennis et envoient parfois quelques bouteilles enflammées. Plusieurs incursions plus loin le long de la route sont tentées vers les fourgons stationnés, obligeant les GM à sortir et se déployer sur des centaines de mètres, mais leurs drônes de surveillance empêchent tout effet de surprise.

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En fin de matinée, nous assistons à un tir de LBD40 en pleine tête. La balle aurait touché l’oeil, avec une forte probabilité de perte de la vue. Les flics sont sur les dents et tirent à tout va, autant LBD, gaz et grenades offensives au lanceur. Des grenades explosent ici et là, par surprise et dans le tas.

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A midi, un pique-nique est organisée avec les « cheveux blancs » dans le champ face aux Fosses Noires. L’ambiance est au rendez-vous, beaucoup de monde et plus d’une quarantaine de tracteurs se sont joints au banquet. Le soutien massif et pluriel commence à se faire sentir aussi sur zone, remontant le moral de toutes les troupes.

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15h. Offensive policière éclaire et brutale : on apprend qu’ils déferlent sur le carrefour de la Saulce avec des dizaines de fourgons et blindés, et que plusieurs escadrons débarquent à pied sur la Grée. Ils semblent vouloir faire le ménage sur toute la route des Fosses Noires. Le point de cripsation qu’ils ont choisi du côté du Lama Fâché n’a pas permis une retraite suffisament rapide pour la défense de la Saulse. Ils arrivent donc au niveau du pique-nique et l’évacuent sous une pluie de lacrymogènes. Nouvelle erreur de leur part : on gaze nos vieux et nos paysans au moment de la digestion.

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Nouveau gros coup au moral en ce mercredi après-midi ensoleillé. Les barricadiers ne perdent pas de temps et renforcent assidument le portail des Lascars face à l’Ambazada, pour prévenir toute intrusion dans le centre ZAD, Wardine etc. Pendant que les personnes présentes dans le quartier Fosses Noires se font évacuées, un nouveau point de cristalisation se forme au niveau de la Saulce, sur la D81. L’ambulance partisane est contrainte de se replier sur la Rolandière.

L’affrontement durera plusieurs heures et sera d’une violence inouïe. Des grenades lacrymogènes sont envoyées toutes les 10 secondes, et les grenades offensives explosent sans cesse. Les mottes de terre volent à chaque explosion et les cratères se multiplient. Les blessés aussi. Des journalistes auraient été sérieusement atteints.

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Nous apprenons qu’à minima, le Dôme du Gourbi est tombé, la Sècherie aussi. Il ne reste quasiment plus que les Fosses Noires dans le quartier des Fosses Noires. Un autre escadron accompagné de blindés nous prend à revert et arrive sur le D81 par les Ardillères. Ils ne resteront qu’une petite heure avant de faire demi-tour. A la tombée de la nuit, leur retraite se dessine. Nous tentons des les repousser et eux se montrent de plus en plus violents. Ils protègent le repli des dizaines de fourgons, engins, et camions de munitions et de militaires bâchés qui retournent en direction de Vigneux. Le convoi se fait harceler et déguerpi rapidement.

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Une fois retirés, les gendarmes continuent encore de très loin à tirer. Les opposants encore présents s’avancent et reprennent la Saulce dans un nuage de fumée dense et sous le projecteur de l’hélico de la gendarmerie. Malgré tout, le moment est savoureux. Une barricade s’érige spontanément sur la Saulce sur un sentiment de puissance : la ZAD est toujours debout !

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Les déclarations de la préfète sont floues et laissent entendre que pour le moment les destructions sont mises en suspend mais que les forces de l’ordre continueront leurs opérations de déblayage et de maintien de l’ordre. La pression continue de leur côté. Nous ne lâcherons rien et appelons toujours au soutien !