Dans la rueEn lutteUne

PARIS. 5 décembre : une manifestation massive et combative. Photos, vidéos et récit.

Nous avons assisté à l’une des manifestations les plus massives de ces dernières années dans la capitale et dans toute la France. 250 000 manifestants pour Paris, et 1,5 millions sur tout le territoire. Même les bourgades les plus retirées n’avaient pas vu autant de gens réunies depuis des décennies : 6000 à Bourg en Bresse, 7500 à Angoulême, 10 000 à Nancy, 8 000 à Metz, 11 000 à Poitiers…

PARIS

Grève largement suivi dans les transports. Des opérations escargots sont organisées par les grévistes de la DIR sur les grands axes menant aux périphériques. Nombreux sont les habitants à avoir pris leurs dispositions et les rues de la capitale sont empruntées pas de très nombreux vélos : la grève est écologique !

Le matin, les assemblées de gares votent la reconduction dans une atmosphère joyeuse et déterminée, avant de partir en cortège pour rejoindre le point de départ à Gare de l’Est, point de départ de la manifestation. D’emblée, on remarque une foule  exceptionnellement dense. Le « cortège de tête » est déjà là quelques centaines de mètres au-delà du point de départ, immense, avec une composition hétérogène et bigarrée : les syndicalistes de base se mêlent aux k-ways noirs, aux gilets jaunes et aux collectifs de sans-papiers. Là se retrouvent ceux qui parmi les gilets jaunes tiennent toujours la rue mais aussi tous les autres que cette année n’a pas laissé inchangés. Des gens qui ont toujours soutenu le mouvement des gilets jaunes sans pour autant y prendre part, et qui en cette date du 5 décembre trouvaient là l’occasion de reprendre la rue et d’agréger toutes les colères.

Le cortège de tête s’étend déjà jusqu’à la place de la République et la manifestation ne s’est toujours pas élancée. On s’approche du cap où le cortège de tête devient aussi massif que la portion syndicale, devenant ainsi la nouvelle norme des manifestations combatives.

Passée une phase initiale de stagnation, de premiers affrontements éclatent aux abords de la place de la République : un incendie gigantesque devant la Bourse du Travail, des charges et contre-charges au niveau des rues adjacentes. Une partie avance vers la statue tandis que la quasi totalité du cortège reste bloquée, avant de franchir le couloir inévitable de CRS et BRAV bien échauffés. On assiste à une belle détermination de ceux déjà sur la place pour ne pas laisser le reste du cortège isolé, harcelant de toutes parts les flics déployés : banderoles renforcées et mobilier urbain permettent de tenir l’affrontement sur cette place hostile. La tête repart en direction de Nation et le reste de la manifestation finit par suivre.

À partir du métro Voltaire, la situation se tend. Un groupe de BRAV qui défendait le MacDo essuie des tirs de mortier et de cocktail molotov. Plus loin, de nombreuses agences bancaires voient leurs vitrines éclatées. Au même moment, les affrontements sont toujours vifs plus à l’arrière sur la place de la République. Des manifestants, avec une détermination exemplaire et armés de leur courage, parviennent à libérer une personne arrêtée par la BAC. Parallèlement des BRAV font usage d’une quantité incroyable de GLI F4, ces grenades explosives extrêmement dangereuses.

A l’arrivée place de la Nation les affrontements se poursuivent, notamment face aux BRAV. Les tensions sont fortes. Des centaines de manifestants se retrouvent au-delà du dispositif de la place pour partir en sauvage dans les rues adjacentes. Le calme ne reviendrait que vers 21h aux abords de la place de la Nation. Au total, deux journalistes ont été blessés et une personne a été éborgnée. 71 gardes-à-vue.

LA SUITE ?

Si cette journée était incroyable sur beaucoup de plans, elle ne suffira pas. Il faut accélérer le tempo en organisant des actions, des blocages et des manifestations tous les jours ou presque. Ne pas relâcher la pression face à ce gouvernement de combat. La fenêtre de tir est courte : soit nous faisons reculer Macron avant Noël, soit il sera beaucoup plus difficile de faire bouger les lignes. Il reste donc deux semaines.
L’ampleur de cette journée est telle, et témoigne d’une colère si grande. Elle intervient dans une séquence particulièrement chaude ouverte par les gilets jaunes il y a un an et il est évident qu’il ne s’agit pas d’un combat « pour les retraites », mais bien d’un soulèvement pour la vie et la dignité. Et à minima, d’une volonté de faire tomber ceux qui nous gouvernent.

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