Nous retranscrivons comme tel un communiqué émanant des réseaux rouennais de solidarité avec les migrants. Les nouvelles législations concernant les exilés et le cas alarmant de quatre soudanais sur le point d’être expulsés poussent les associations à rendre d’avantage visible le collaborationnisme alarmant du gouvernement français. Non content de leur mener une vie d’enfer sur le territoire métropolitain et à ses frontières, il n’hésite pas à renvoyez des individus dans leurs pays d’origine, en toute connaissance de cause, et se rend par là même responsable du sort inévitable qui les attendent : tortures, violences irréversibles, disparitions.

Libération immédiate des Soudanais emprisonnés au Centre de rétention d’Oissel !

Respect du droit d’asile

Actuellement au Centre de Rétention Administrative de Oissel sont détenus quatre jeunes hommes soudanais. Ceux-ci risquent d’être expulsés au Soudan dans les prochains jours et soumis à la torture en arrivant. La France travaille en complicité avec le gouvernement soudanais pour repérer et expulser des demandeurs d’asile soudanais au sein de ses centres de rétention et ce en violation totale des droits de l’homme.

« En octobre 2017, le site StreetPress révélait que la France avait expulsé plusieurs demandeurs d’asile soudanais détenus en centres de rétention sur le territoire français, à la suite de l’évaluation de leur demande en étroite collaboration avec les autorités… soudanaises. En effet, ces personnes auraient reçu des visites de «délégations soudanaises» venues «aider» la France à les identifier. Or, ces délégations ne seraient autres que les représentants des autorités soudanaises que ces gens disaient fuir. »

« Contacté par StreetPress en septembre 2017, le ministère de l’Intérieur avait confirmé l’existence de cette «mission d’identification». La place Beauvau aurait donc reconnu une collaboration entre les deux pays tout en rappelant qu’il n’y avait «aucun accord» écrit. » Le 22 avril 2018, « dans son enquête, le New York Times révèle enfin avoir retrouvé plusieurs de ces réfugiés, tous torturés par le pouvoir soudanais à leur retour au pays. L’un d’eux, un opposant politique, a notamment raconté avoir reçu des décharges électriques, des coups de poing et des coups de tuyaux en métal au cours des dix jours suivant son expulsion. »

« Selon les informations de StreetPress, les contacts entre la France et le Soudan au sujet des réfugiés ont débuté en 2014. Un rapport de l’ambassade soudanaise à Paris, daté du 19 septembre 2014 et que StreetPress s’est procuré, fait état de «réunions hebdomadaires, régulières avec la police française dans le but d’identifier certaines personnes dont les demandes d’asile ont été rejetées ou ont été arrêtées pendant qu’ils essayaient de passer dans d’autres pays». »

« Les révélations de StreetPress et du New York Times pourraient placer la France dans le collimateur de la Cour européenne des droits de l’homme. Cette dernière a déjà condamné Paris en février dernier pour avoir expulsé un Algérien sans lui permettre de déposer un recours, alors qu’il risquait la torture dans son pays. »

Aujourd’hui, nous appelons les autorités françaises à cesser tout rapprochement avec le gouvernement d’Omar El-Bechir, qui nous le rappelons fait l’objet de deux mandats d’arrêt internationaux émis par la Cour Pénale Internationale en 2009 et 2010 pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis au Darfour, province de l’ouest du Soudan en proie à une guerre civile depuis 2003.

Nous appelons à la libération des quatre jeunes hommes soudanais du Centre de Rétention Administrative de Oissel et au respect de leur droit à pouvoir demander l’asile dans un pays européen.

Premiers signataires :
Réseau Solidarité Migrants (RSM) Rouen, Pour un Avenir Meilleur (PAM), La Pastorale des Migrants