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Rouen – Amazon sur l’ancien site pollué de Pétroplus ?

ROUEN – UN SITE AMAZON SUR L’ANCIEN SITE POLLUÉ PÉTROPLUS ?

Exploitation à outrance, robotisation et contrôle numérique, optimisation fiscale, pollution massive, bienvenue dans le monde d’Amazon. Rien n’est encore sûr mais beaucoup d’informations indiquent le niveau d’avancement du projet.

Environ 30 ha de l’ancienne raffinerie Petroplus, site dépollué par la société Valgo à Petit-Couronne (Seine-Maritime), doivent être vendus à l’entreprise Gazeley (un fonds d’investissement qui loue ensuite ses entrepôts) qui pourrait ensuite les louer à Amazon, l’un de ses clients habituels, pour créer un site logistique XXL de 120 000 m² pour 30 hectares. Le groupe Valgo, en charge de la dépollution et de la revalorisation de l’ancien site Petroplus, ne confirme pas, mais n’infirme pas non plus cette information. De son côté, le service communication d’Amazon France ne confirme pas l’information, tout en précisant qu’« Amazon essaie de s’implanter un peu partout en France ».

Le 29 janvier dernier, le conseil municipal de Rouen, les élus verts et communistes ont fait voter, à une large majorité, une motion contre cette implantation au nom de la protection du commerce local, « du bilan carbone catastrophique de l’entreprise », de son modèle social et fiscal.

Les partisans du projet comme le maire PS de Petit-Couronne mettent évidemment en avant les emplois créés. Mais il faut tout le cynisme d’une multinationale ou d’un politicien pour fermer les yeux sur ce que représente Amazon.

L’auteur de l’enquête « le monde selon Amazon » témoigne :

« Sur le coup, ça va créer des emplois. Mais pour combien de temps ? Cette question est légitime car il faut savoir qu’Amazon n’achète jamais ses locaux, l’entreprise est toujours locataire. Cela veut dire qu’elle peut partir quand elle veut. De plus, il faut savoir que l’objectif d’Amazon est de créer des entrepôts totalement robotisés dans les dix années à venir.

Dans mon livre, je prends l’exemple de Montélimar, où Amazon a organisé un système de navettes pour agrandir sa zone de recrutement. Des cars arrivent d’Aubenas, soit à 50 minutes de Montélimar, de Bagnols-sur-Cèze, à 45 minutes ou encore d’Orange, dans le Vaucluse, le département voisin, également à 50 minutes de route.

Les conditions de travail sont pénibles avec des salaires bas. Le turn-over est très très important.

Amazon est le plus gros pollueur du monde avec ses camions, ses avions mais aussi et surtout avec ses gigantesques serveurs. Il faut savoir que le cloud d’Amazon est aujourd’hui la principale source de revenu de la firme.

Amazon, c’est le serveur informatique qui héberge le plus de sites internet. Avec son cloud, Amazon occupe 35% des parts du marché, Google, Microsoft, Alibaba et IBL sont derrière lui. »

Sans parler de la guerre faite aux syndicats, du flicage numérique des travailleurs, des maladies professionnelles pour stress ou blessure, ou encore des licenciements permanents.

Bref l’affaire est à suivre sérieusement.

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