Pour compléter la rétrospective du week-end du 8 décembre, voici de brefs récits de la mobilisation à Rouen et Barentin.

ROUEN

Comme dans de nombreuses villes de France, la marche pour le climat prévue de longue date à Rouen était interdite. Le pouvoir redoutait que la contestation sociale en cours menée par les gilets jaunes ne rencontre la colère écologiste et sa détermination à en finir avec un système dévastateur. Nombreux l’auront compris, il n’y a pas d’opposition entre les problèmes de fin de mois et l’inévitable fin du monde. Du « tri des déchets » à la nécessité de « se serrer la ceinture », c’est la même logique qui est à l’oeuvre : on fait subir aux populations les conséquences d’un système qui fonce droit au gouffre et que seuls les classes dirigeantes ont engendrées.

Face à cette évidence, les personnes bien décidées à marcher pour le climant sont malgré tout descendues dans la rue, rejoints par les gilets jaunes mobilisés pour l’acte 4. La rencontre des deux cortèges fut un moment de joie intense. À Rouen, près de 2000 personnes se sont finalement retrouvées pour déambuler. Une partie du cortège, déterminée à prolonger le moment par une action de blocage, s’est dirigée vers les Docks 76. C’est dans un nuage de gaz lacrymogène que fut accueillie la manifestation, notamment composée de lycéens mobilisés depuis le début de la semaine.

D’autres rejoignaient le point de blocage du rond-point des vaches.

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BARENTIN

« Les jaunes! Va peut etre falloir essayer de ne pas nous laisser bouffer par les bleus?! »

La zone commerciale de Barentin, lieu stratégique de l’économie normande, fut le lieu de blocages et d’interventions policières violentes la semaine passée. Le samedi et le dimanche, des centaines de gilets jaunes s’étaient retrouvés sur l’un des ronds-points centraux, et avaient respiré les gaz, reçu des balles de défense, et essuyé des coups de matraques. Plusieurs blessés et interpellations avaient été recensées.

Ce weekend, ce fut les forces de l’ordre à être les premières personnes sur les lieux : contrôles systématiques des piétons de la zone, fouille de véhicules dans le centre de Barentin. 5 voitures de PSIG, 11 fourgons de Gendarmes Mobiles. Un vrai état de siège pour protéger les millions d’euros déboursés en ce deuxième week-end de décembre.

« Attention les flics contrôlent, vous piquent vos gj et pour ceux qui les ont sur les tableaux de bords ils vous gazent dans la voiture et vous demandent de les retirer merci pour ce pays de dictature. »

Des gilets jaunes sont tout de même parvenus à se regrouper mais ont rapidement été chargés.

Ce weekend, le déploiement policier dans toutes les villes de France fut d’une ampleur inédite pour tenter de museler la colère des gilets jaunes (et verts). 89 000 policiers. Une quinziane de blindés de la gendarmerie. Près de 2000 interpellations sur tout le territoire. Pour autant, nombreuses sont les villes où les actions ont pu se tenir gâce à une résistance vive des manifestants. À Paris, le simple appel de l’acte 4 a engendré la fermeture de la ville. Plus l’on s’approchera de Noël, plus la tenue de nos actions sera déterminante. Il faut simplement savoir à quoi s’attendre !