La deuxième édition du Rouen dans la rue version papier, disponible depuis octobre, est faite pour vous ! Les stocks sont bientôt écoulés mais vous le trouvez encore pour 3€ l’unité (prix coûtant) ou 5€ (prix de soutien) dans les lieux suivant à Rouen :

– La plateforme – 6bis rue Edouard Adam
– Le rêve de l’escalier – 14 rue Cauchoise
– Les mondes magiques – 98 rue Beauvoisine
– La Conjuration des Fourneaux – 149 rue Saint Hilaire
– Le diable au corps – 100 rue Saint Hilaire
– Libraire l’insoumise – 128 rue Saint Hilaire
– Shahmeran Café – 12 rue Beauvoisine
– La Cantine – 192 rue Eau de Robec
– De BRUIT ET D’encre – 94 rue Beauvoisine
– L’oreille qui traîne – Place des faïenciers
– Le 3 pièces – 49 bis place du général de Gaulle

original

Sommaire :

– Solidarité HDR
– L’insurrection de 1848 à Rouen (partie 1)
– Rock, violence et politique
– G20 Welcome to Hell
– Sauvages comme Jacqueline
– Moi et mes 3 potes, on a bloqué Rubis Terminal
– Collectif ZAD Rouen-NDDL – Communication estivale
– Ceux qui vivent sont ceux qui luttent
– Lire/Jouer avec le Diable au Corps
– Tarnac, le procès qui vient

Des articles incontournables ou inédits, une qualité papier améliorée et une mise en page revisitée font de cet opus un objet incontournable !

EDITO

Rouen dans la rue n°1 paraissait en pleine période de contre-compagne électorale. Les présidentielles 2017, aux côtés d’un discrédit massif et d’une abstention record, ont été quelque peuperturbées. En tant que cible logique et continuité d’un printemps 2016 agité, c’est toute une génération ingouvernable qui est venu parasité le « moment le plus important de la politique française ». De ville en ville, les panneaux d’affichage électoraux ont été le terrain privilégié du #panneauxgame. Les permanences de partis ont vu leurs façades voler en éclat. Les meetings du FN n’ont provoqué qu’émeutes et fracas. Cette courte période d’agitation fut l’expression de désirs multiples : contester l’accaparement et notre dépossession de la question politique, continuer à tenir la rue, affiner les rencontres et affirmer nos positions, autour mais à distance, de ce spectacle affligeant.

Mais c’est précisément en tant que scandale que le feuilleton électoral captive encore massivement. Exprimer son refus en descendant dans la rue n’était pas une évidence partagée. Ce qu’il reste de « l’esprit de gauche » s’est pour l’occasion rallié à Mélenchon et à sa révolution en carton. Le FN au second tour n’a surpris personne et, en tant qu’épouvantail fasciste, a légitimé le « tout sauf Marine ». En a découlé logiquement un nouveau chef d’État, et avec lui, une nouvelle logique gouvernementale. La République en ressort donc toujours en marche.

Marcon annonçait dès lors, qu’en tant que président, il opérerait un saccage social inédit et nous amputerait des possibilités de s’y opposer. Choses promises, choses dues : les ordonnances, la coupe des APL et la suppression des contrats aidés ont été accompagnés d’une commande de plusieurs milliers d’euros de grenades lacrymogènes, de la dilution de l’état d’urgence dans le droit commun, de l’éviction immédiate de toutes actions de blocages, y compris syndicales, dans le faible mouvement social qui se cherche depuis le 12 septembre. Les montages policiers et les peines de prison requises pour les affaires dites « de la voiture de brûlée » à Paris et du « pommeau de douche » à Rennes sont complètement délirantes. Le sort réservé aux migrants et à leurs soutiens se durcit. Le maintien de l’ordre dans les banlieues française est toujours plus décomplexé et multiplie ses victimes. Le pire dans tout ça, c’est que ça ne semble pas (encore?) provoqué un soulèvement qui à son tour, se doit d’être d’une ampleur inédite.

« Toutes les raisons sont réunies, mais ce ne sont pas les raisons qui font les révolutions, ce sont les corps. Et les corps sont devant les écrans. »

Ce ne fut pourtant pas le cas de ceux qui ont commencé leurs vacances estivales outre-Rhin, dans la chouette ville portuaire d’Hambourg. C’est là-bas que comptaient se réunir sereinement les vingt dirigeants des plus grandes puissances, pour palabrer sur la gestion de la population mondiale. L’appel internationale à venir zbeulifier l’événement a découlé sur plusieurs journées et nuits d’émeutes dans une ville marquée par une histoire de résistance et d’autonomie politique. #ForzaSanktPauli. Les habitants sortaient pour se livrer à l’émeute ou la soutenir, des renforts policiers débarquaient de tout le pays et les gestionnaires réfléchiront désormais à deux fois avant d’organiser des « sommets » dans tel ou tel pays. #ZoneRougeMondiale.

 

Aussi fâcheuse que peut paraître la vie dans « l’entreprise France » décrétée par Macron, nous sommes les contemporains d’une intensification des moments de conflictualité. A travers elle, les camps se dessinent plus clairement, les complicités se révèlent plus évidentes, plus foisonnantes. Les salariés énervés s’autonomisent des directions syndicales et prennent l’initiative. Les cortèges de teutistes se dotent de lieux pour s’ancrer durablement (la Dérive à Nantes, la Pétroleuse à Caen et d’autres ouvertures à venir tout près de chez vous). Des collectifs de soutien aux victimes de la police se forment et se retrouvent désormais autour de chaque assassinat. La ZAD de NDDL, en faisant renoncer le gouvernement à l’un de ses grands projets d’aménagement du territoire, est en passe de devenir une zone d’autonomie définitive. Tous ces exemples sont des expressions plurielles d’un camp révolutionnaire encore embryonnaire.

Ce qu’il nous manque, ce ne sont pas les raisons de se révolter, mais une perception partagée de la condition qui nous est faite et de ce qui déjà la conteste. Avec ce modeste magazine, nous tentons ce double geste.