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STOP COVID-1984 ! Des caméras intelligentes pour surveiller le port du masque dans le métro

La crise sanitaire entraine avec elle une catastrophe sociale et économique. Elle s’accompagne aussi d’un autre désastre : la catastrophe sécuritaire. Doucement notre monde prend la tournure d’un monde terrifiant et le COVID-19 aura servi d’accélérateur à cette tendance.

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Bienvenue dans le pire des mondes possibles.

Après l’application smartphone STOP-COVID pour tracer les contacts des malades, la généralisation des drones, la surveillance et la sanction des propos tenus par les élèves à l’égard du gouvernement, les médecins incités financièrement à signaler les malades et leur proches ou encore les agents de sécurité autorisés à mettre des amendes pour non-port du masque dans les transports publics, une nouvelle étape vient d’être franchie. La RATP va tester des caméras « intelligentes » pour mesurer le taux de port du masque dans la station Châtelet. A titre « expérimental », la station-clé du centre de Paris sera équipée pendant trois mois de caméras pour mesurer l’adoption du masque dans le métro parisien.

« A titre expérimental »

La direction de la RATP se veut évidemment rassurante. C’est à titre « expérimental » et temporaire nous dit-on. Six caméras pour démarrer, ce 11 mai, et douze à terme : pour le début du déconfinement, les voyageurs empruntant la station Châtelet du métro parisien seront donc observés par des caméras utilisant un logiciel de reconnaissance automatique, qui déterminera si les personnes qui empruntent cette station, l’une des plus fréquentées d’Europe, portent un masque.

Malheureusement on sait très bien que ce genre d’expériences initialement exceptionnelles tentent à se généraliser et à devenir la norme. Pensons par exemple aux test ADN initialement réservés aux « délinquants sexuels ». Caméras intelligentes pour smart cities sous contrôle avec télétravail et télé-enseignement à la clé, c’est le monde de demain qui se dessine sous nos yeux et qui fait passer la fiction d’hier dans la réalité d’aujourd’hui.

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« Marre de se faire fliquer ! Rendez-nous notre société normalement contrôlée ! »

Certains psychologues détaillent à juste titre les troubles psychiques occasionnés par le confinement. Il existe aussi une autre blessure intime liée à la généralisation du contrôle qui relève lui du marquage psychique et affectif.

A mesure qu’à l’extérieur l’espace public se couvre de caméras et que la métropole se transforme, augmente en nous le sentiment d’être surveillé. Et ce sentiment finit par être intégré et intériorisé au point que nous devenons inconsciemment notre propre flic.

L’efficacité redoutable d’un tel dispositif ne dépend même plus de la présence effective de quelqu’un derrière un écran. Pensez à l’effet des caméras de surveillance dans une grande surface. Pour ces caméras dites « intelligentes », c’est un logiciel qui traitera les images. Mais l’impression d’être surveillé est la même.

C’est un autre traumatisme auquel il faudra faire face avec le déconfinement progressif. Celui d’avoir été contrôlé et surveillé pendant de nombreuses semaines et de retrouver la rue dans un climat généralisé de suspicion et de contrôle. Jamais le pouvoir n’a autant d’emprise sur nos existences que quand il est à même de nous transformer en profondeur.

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