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VIDÉO – Sur la vague mondiale de révoltes

Une insurrection peut éclater à tout moment, pour n’importe quel motif, dans n’importe quel pays ; et mener n’importe où. Les dirigeants marchent parmi les gouffres. Leur ombre paraît même les menacer. Que sa vayan todos ! est devenu le cri d’une sagesse populaire qui depuis des mois fait vaciller les régimes – Ce slogan est la mélodie de l’époque qui se murmure de bouche en bouche pour finalement briser l’invincibilité des pouvoirs, au moment où l’on s’y attend le moins.

Une simple taxe sur le carburant, une augmentation de ticket de bus ou un nouveau projet de loi suffit à embraser tout un pays. Partout se lit la même inquiétude, la même panique de fond, à quoi répondent les mêmes sursauts de dignité, et non d’indignation. Des millions de manifestants à travers le monde prennent la rue, bloquent les routes, s’affrontent aux forces de l’ordre et s’attaquent aux symboles du pouvoir. Des gestes identiques se répètent et se répondent aux quatre coins du monde, telle une internationale de l’émeute. On se trouve bientôt plus de points communs avec les insurgés libanais, chiliens ou hong-kongais, qu’avec notre voisin de palier.

Ces mouvements nous montrent une chose essentielle à propos du futur des révolutions : tout le monde ne sera pas là pour les mêmes raisons. Elles se déploient parfois sous des costumes méconnaissables et des slogans vides. Ces vagues de révoltes chamboulent les traditionnelles catégories de gauche et de droite. Elles mènent des avancées propres et sont issues de circonstances singulières.

Mais aussi, peut-être, faut-il voir dans chaque blocage du système, chaque mouvement, chaque révolte, chaque soulèvement, comme une tentative verticale de sortir de l’enfer du présent, d’échapper à la catastrophe à laquelle il nous condamne, et de commencer à bifurquer dans une direction moins fatale. C’est paradoxalement dans la fumée des blocages, dans les nuages de gaz et dans le brouillard de l’émeute que les choses deviennent curieusement claires. La prise de conscience devient prise de partie. Nous ne savons pas exactement où mènent nos révoltes, mais elles sont certainement le moyen d’aller le plus loin possible.

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