Nos envoyés spéciaux Rouen dans la rue relatent le sixième jour d’expulsion de la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes qui a débuté lundi 9 avril au matin, et qui s’est déroulé cette fois à Nantes. Récit.

Samedi matin. De nouvelles détonations résonnent sur la ZAD. Quelques affrontements éclatent à la Saulce alors que ce sont les manifestations nantaises de l’après-midi qui se prépare déjà. « Manifestations. Samedi noir à Nnantes » titraient déjà les journaux.

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C’était un rendez-vous prévu de longue date : en cas d’expulsion de la ZAD, un rassemblement aurait lieu à Nantes le samedi suivant. Paralèllement, le mouvement social étudiant et salarié qui monte depuis quelques semaines déjà appelait à des manifestations populaires tous les samedis du mois d’avril. A la demande de certains syndicalistes, le rassemblement ZAD a été décalé afin de le distinguer de la première manifestation. Mais nombre de syndiqués, notamment la CGT AGO Vinci et le CAN (comité d’action nantais réunissant différentes composantes combatives du mouvement social) appelaient à converger vers le deuxième rassemblement. Pour contenir ces deux rendez-vous, la préfecture annonçait plus de 1000 policiers en centre-ville de Nantes.

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14h30, le première manifestation démarre place du Cirque. Les rues adjacentes sont quadrillées par les CRS qui fouillent et réquisitionnent tout matériel de défense (masque contre les gaz, foulards etc…). Le cortège s’élance pour un « premier tour » de plus de 2000 personnes. Kways-nois et chasubles rouges côte à côte, la manifestation se termine sans heurts face à la préfecture. Le rassemblement ZAD est proche : quelques centaines de mètres plus loin. Les prises de parole s’enchaînent et appellent à soutenir la ZAD tandis qu’une partie du cortège jeune s’avance déjà vers la place du Cirque, départ du rassemblement ZAD. Une tentative d’interpellation des CRS se retourne finalement contre eux et se retrouve défaite par une réaction collective. C’est finalement la quasi-totalité de la première manifestation qui rejoint la seconde.

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16h30, les rues sont blindées de gens massés ici en soutien à la ZAD. Pancartes, banderoles, sono, batucada : l’ambiance est au rendez-vous, la ZAD est à Nantes. De nouveau, le cortège s’élance pour un parcours similaire. Arrivés de nouveau près du Château et du miroir d’eau, le dispositif policier nous réserve un autre sort : le canon à eau dégaîne, arrose les premières lignes et les lacrymogènes pleuvent. Nous reculons et la masse de gens huent la police. Un applaudissement rententit de la part de tout le crotège, comme pour signifier notre présence et notre volonté d’avancer : nous sommes 10 000.

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Plusieurs tentatives de passer le cordon policier en direction de la préfecture sont effectuées, systématiquement repoussés à coup de canon à eau, lacrymogènes, flashball et de CRS de plus en plus nombreux. Le point de cristallisation durera une petite heure jusqu’à ce que la dispositif décide de nous resserrer et de ne laisser que de petites issues pour la dispersion. Les flics en profitent pour inonder la place de lacrymogènes, couplés de canon à eau, flashball et tirs tendus de grenades.

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La foule est telle que plusieurs autres cortèges se reforment spontanément à Commerce et alentours. De là, il est très difficile de rentranscrire de manière exhaustive la suite des événement, si ce n’est que plusieurs cortèges de 3 ou 400 personnes ont continué à déambuler en ville sur différentes modalités : certains ont tout bonnement refait les virtrines des grandes enseignes du centre-ville, d’autres ont pu faire fuir une colonne entière de fourgons de CRS tandis que d’autres ont pu s’approcher de la préfecture pour aller chercher Nicole avant de se retrouver de l’autre côté du dispositif mis en déroute et sauter joyeusement sur des camions de CRS en criant « La ZAD elle est à qui? Elle est à nous ».

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Le dispositif policier n’aura pas su contenir la rage et la détermination de ceux qui sont venus soutenir la ZAD et prendre une micro-revanche en milieu urbain. Une multitude de cortèges auront arpenter la ville jusqu’à 20h et au-delà : vous expulsez la ZAD, on prend Nantes !

La préfecture parle de 64 policies blessés (#exagéré) et de 12 interpellations.

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