Surgissement
Prochains évènements
18h
Invitation de Claire Richard
Présentation et discussion autour de son livre Young Lords : Histoire des Blacks Panthers latinos paru en 2018
Lieu : La Conjuration des Fourneaux
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Évènements passés
10h30
Manifestation du 1er mai Cours Clémenceau
14h
Assemblée de lutte
19h30Concert
Gogo Juice (Garage-Rock - Rouen) /// Tape Worms (3 pièces rock band - lille) /// Malpractice (Dr Feelgood Tribute)
DJ Set Barbara Henri & Sebastien Erik Klein
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18h
Projection de court-métrages sur bobines consacrés à Mai 68
20h30Concert
Marc Morvan /// On lâche les chiens
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15h
Atelier-discussion
De mai 68 à mai 2018, agitation et dépolitisation sur la fac : que nous reste-t-il ?
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18h
Nouvelles de la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes
15h
Invitation du CAUN
Le mai 68 nantais - étudiants, ouvriers et paysans vers la commune par le CAUN (Comité Autonome Universitaire Nantais)
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18h
Invitation de François Cusset
Présentation et discussion autour de son livre Le déchaînement du monde - Logique nouvelle de la violence paru en 2018
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21hConcert
TECHNOPOLIS #2
avec Régalec /// TURBO$QUAD /// Machinage /// Maurice
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21hConcert
We Hate You Please Die (Rock Garage Youpi) /// Near Death Experience (Psychédélique/Grunge - Rouen) /// Trits
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17h30
Atelier création de pavé - Tirage et moulage en plâtre coloré (collection 2018)
Installation artistique Un pavé dans la marre
18h00
Présentation de la revue Liaisons n°1
21hConcert
Mauvais geste (Le Havre) /// Estafette (Amiens) /// Satellite (Lille)
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10h - 18h
Atelier sérigraphie - Terminal 37 au 37 boulevard des Belges.
21hConcert
Me & The Will To Die (Depressive Suicidal Trap - Rouen) /// Opal Sword (Goth’n’b - Rouen) ///
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10h - 18h
Atelier sérigraphie- Terminal 37 au 37 boulevard des Belges.
18h
Présentation/disucssion sur Les ateliers populaires de sérigraphie en mai 68
A la Conjuration des Fourneaux, 149 rue Saint Hilaire, Rouen.
21hConcert
Badbad (Paris) /// Biscuit Mouth (Derby, UK) /// ZOH/astre (Dream Experimental Psychedelic)
21hConcert
Politburo (Punk/Synth-punk) /// Dj Set Sebastien Erik Klein
De toute évidence, plusieurs mai 68 ont eu lieu. D’abord, celui qui sera « commémoré ». L’histoire des vainqueurs, des institutions, du pouvoir. Pour résumer : Cohn-Bendit. Il y a celui des aigris de la lutte et donneurs de leçons aussi. Celui qui enferme dans un immobilisme à durée indéterminée, dans l’attente d’être de nouveau « des millions ». Dans les deux cas, il s’agit en fait de neutraliser et de mettre à distance ce qui a pu se jouer de politique lors de l’une des années les plus subversives. Ce qui s’est vécu sur les occupations de facs et d’usines, durant les temps libérés par la grève, à travers l’imagination des ateliers populaires ou au cœur de la réorganisation des villes par les comités de grève, tout cela existe encore comme un réservoir de possibilités à réactiver. Et ce que l’on a tendance à oublier, parfois trop facilement, c’est que si une telle situation a eu lieu, que des liaisons effectives voire explosives entre ouvriers et étudiants ont été si fertiles, c’est qu’elles ont été provoquées. Ces rencontres étaient (déjà à l’époque) des débordements hors des cadres institués de la lutte. Quand les cadres de la CGT ont appris qu’un cortège étudiant rouennais rejoignait Renault Cléon, ils ont fermé les grilles. Mais la base a fait pression, et l’appareil a cédé.
Les modalités du pouvoir ont changé depuis 50 ans, et les luttes s’y sont adaptées. Aujourd’hui, des gens se soucient de l’hébergement des migrants et des dispositifs juridiques déployés contre eux. D’autres se soucient de la condition des travailleurs et s’organisent avec ou sans syndicats, certains tentent un front social. Des passionnés de musique persistent dans leur manière de faire la fête ou d’organiser des concerts, parfois hors ou à l’encontre des politiques culturelles de la ville. Certains ont déjà pris acte du désastre écologique, et sèment des plantes dans les trottoirs ou partent s’installer sur des zones à défendre. Des étudiants prennent le temps de lire, de débattre et de confronter leurs idées, malgré la sélection. Des salariés dénoncent une organisation du travail brutale et déshumanisante, on leur rétorque désormais que l’emploi et la stabilité économique serait un avantage. D’autres tentent ici et là de survivre loin du salariat, par défaut ou par choix. Mais le constat est le même : nous sommes tous usés par la précarité.
La liste des manières de lutter contre une certaine marche du monde pourrait être bien plus longue. Mais le plus flagrant reste peut être l’absence de ponts et de circulation entre ces différents « fronts », qui pourraient permettre justement de sortir de nos ghettos respectifs et de nos allures de « jusqu’aux boutistes ». Pour autant, il faut que chacun continue à faire ce qui a du sens pour lui. Il n’y a pas à faire masse, à se fondre dans un tout, ou encore à partager un programme. Mais il s’agit plutôt de partir de nos manières de lutter respectives. Chacun à notre manière, nous nous sommes logés dans des interstices, mais ceux-ci doivent communiquer entre eux, se prendre en compte, et pourquoi pas, réussir à penser ensemble le front dans lequel nous devons nous engager.
Ce qu’il nous faut, c’est une transversale : ne pas écraser la diversité des perspectives et des combats, ne pas aplanir les reliefs. Provoquons des opportunités de faire des choses ensemble. La composition passe par l’organisation.
Retrouvons nous à la manifestation du 1er Mai. Un nouvel espace en surgira, pour une durée d’un mois. Un mois pour prendre le temps, le suspendre, comme il y a 50 ans. Entre discussions, banquets, rencontres, concerts, présentations de livres, assemblées de lutte… Nous surgirons ensemble dans ce qui pourrait bien devenir notre maison de lutte, le quartier général de la grève, et donc de la fête.