Contre la séléctionPolice/Justice

Expulsion de la fac occupée à Rennes 2 Une de perdue, dix de retrouvées ?

Cette nuit, à l’université de Rennes 2, c’est une fac occupée de plus qui a été évacuée. Base arrière du mouvement contre la loi ORE à Rennes, le Hall B où dormait une soixantaine de personnes a été investit par la police à 4h30. La préfecture annonce que l’évacuation s’est déroulée « dans le calme ». Pour mémoire, c’est ce qu’on disait de l’expulsion du Mirail la semaine dernière avant d’apprendre qu’un étudiant y avait été grièvement blessé par l’explosion d’une grenade désencerclante de la police pendant son interpellation !

Que des assemblées générales ait réuni plusieurs milliers de personnes sur le campus de Rennes 2 n’a pas empêché la préfecture et la présidence d’user de la force pour saboter le mouvement. Le président de l’université, Olivier David, se disant il y a peu opposé à l’intervention de la police sur le campus, aura finalement cédé aux sirènes de la préfecture en s’en remettant aux « forces de l’ordre » pour dégager ses étudiants. Un rendez-vous était d’ores et déjà annoncé à 18h par les étudiants en cas d’expulsion, gageons que ceux-ci n’en resteront pas là.

Tout empêcher, surtout les rencontres, le temps et le lieu de s’organiser pour intensifier les moyens de lutte et créer un véritable mouvement social… voilà ce qui doit être à peu près le mot d’ordre pour toutes les préfectures. Cette expulsion s’inscrit dans une dynamique rondement menée depuis le mois dernier partout dans le pays. Malgré tout, l’agitation ne redescend pas. Partout la période des examens est chahutée, reportée, surveillée, déplacée… Les étudiants mobilisés ont réussi à empêcher que des partiels (délocalisés !) aient lieu à Nanterre la semaine dernière et à Lyon et à Paris 8 ce matin, toujours face une présence policière délirante devant les lieux d’examens. À Marseille ceux qui devaient avoir lieu aujourd’hui sont reportés. À Nantes, les étudiants les boycottent, tandis qu’à Rennes 2 des professeurs refusent d’assurer les partiels sous surveillance policière.