Comme des milliers d’autres nous avons rejoint l’appel au blocage du 17 novembre avec nos modestes moyens. Nous sentions que cette colère était légitime et qu’elle ne se limitait pas au prix de l’essence. Nous ne nous sommes pas laissés découragés par ceux qui disaient que le mouvement était piloté par le FN. Et nous avons eu raison.
Nous partions d’une intuition simple : les colères qui se rassemblent ne peuvent pas être réduites à leurs caricatures. Elles sont multiples, instables, souvent prêtes pour l’explosion à force de silence.
Nous faisons le pari que la présence de ceux qui se battent contre les agressions du gouvernement et pour l’égalité et l’émancipation est une nécessité pour au moins deux raisons :
1. Faire que la colère s’exprime contre le pouvoir plutôt que de se chercher des boucs émissaires.
2. Empêcher que les tendances réactionnaires et racistes ne s’imposent dans les esprits et dans les actes.
Mais depuis le 18 novemvre les dépêches témoignant d’agressions racistes, sexistes ou homophobes s’accumulent dans les journeaux. Les images sont à vomir et constituent une véritable menace pour l’avenir du mouvement. Le 20 novembre, à Flixecourt, des gilets jaunes se sont même félicités d’avoir livré des migrants à la police.
Nous continuerons à venir mais il nous semble capital de se démarquer de toute ambiguïté vis-à-vis des groupuscules fascistes, des racistes et de tous ceux qui sont prêts à se comporter de cette manière sur les blocages comme sur internet. Nous demandons aux administrateurs de groupes et de page facebook ainsi qu’à tous les gilets jaunes de faire de même.
Ne nous trompons pas d’ennemi.