Aujourd’hui, mercredi 14 novembre, journée d’ébullition à la fac de Rouen.
À la suite de la conférence sur les mineurs isolés à 11h à laquelle participent 150 étudiants, un amphi est occupé. Pour rappel, le Département est tenu légalement de loger les mineurs isolés, sinon il doit payer une amende de 600 euros par jour par mineur non hébergé. Mais ça l’État n’en a rien à faire, il préfère payer l’amende et laisser des jeunes à la rue. La question n’est évidemment pas financière mais politique, le problème n’est pas que le coût de ’hébergement est trop élevé mais que le Département ne veut pas des migrants, même enfants.
La conférence fait part de témoignages de réfugiés suivis de questions. À la fin, une prise de parole appelle à l’occupation de l’amphi Axelrad, traditionnellement occupé par les différents mouvement étudiants rouennais. Le groupe rentre dans l’amphi et la magie opère : le lieu s’anime, des personnes se portent bénévoles pour aller chercher à manger, d’autres installent un ordinateur pour diffuser un film, tout le monde discute et partage.
Une délégation part en direction de la Présidence afin de négocier les termes de
l’occupation, Joël Alexandre (Président de l’université) n’est pas là, il rentre plus tard et recevra les étudiants. Une AG est ensuite organisée pour discuter de l’occupation du lieu.
À 16h pendant qu’une délégation négocie avec la Présidence, tout est chamboulé. Des
étudiants aperçoivent des flics, des sms circulent dans tous les sens, du soutien arrive
mais l’issu on la connaît : les 150 occupants sont expulsés à 16h30. Les esprits
s’échauffent, les soutiens ne veulent pas en rester là et le groupe se dirige vers les locaux de l’administration vite envahis. À nouveau Joël Alexandre fait appel à la force, solution de facilité quand on est un bâtard. Les flics expulsent le bâtiment de la Présidence sans oublier ses secrétaires à l’intérieur. Les étudiants voient Joël Alexandre pointer timidement son nez et se dirige vers lui, les langues se délient et c’est pas jojo. Discours habituel, sa rhétorique de négociateur tourne en rond, le débat est impossible, il quitte les étudiants disant qu’il va appeler le CROUS pour demander s’ils ont des logements libres. Quelle ironie ! Surtout lorsqu’il rappelle les flics deux heures plus tard pour expulser l’Unef de ses propres locaux que, dans l’urgence, ils avaient mis à disposition pour les mineurs isolés voyant la nuit arriver. La situation est folle, les flics font sortir les blancs, les noirs restent dedans puis sortent avec une convocation à la Police aux Frontières.
Mais pourquoi la fac ? Après les différentes tentatives d’occupation du mois dernier, les étudiants du collectif de la Garenne ont voulu prendre pour point d’ancrage leur lieu d’étude pour y loger les mineurs isolés. Le constat est simple, la fac est devenue un lieu mortifère, l’occupation ouvre la possibilité de liens, de discussion, de vie. Dès lors,
l’occupation devient une évidence, elle est non seulement positive pour les mineurs isolés qui y trouvent un toit mais elle sort aussi de la morosité du quotidien étudiant sur le campus de Mont-Saint-Aignan.
La situation est absurde, délirante, surréaliste… il n’y a pas de mot. La haine des migrants est telle qu’ils en arrivent à expulser des mineurs isolés d’un local syndical.
Une réaction s’impose, une AG est appelée jeudi 15 novembre sur la fac.
RDV 13h00 devant la MDU.