Une trentaine de points de blocage ont été comptabilisés sur la région Haute-Normandie. Contrairement à ce qu’en disent les médias dominants, la mobilisation se durcit, mais la répression aussi. Zoom sur les trois points proches de Rouen.

ROUEN

Depuis vendredi dernier, un rapprochement gilets jaunes/chasubles rouges est à l’oeuvre en Seine Maritime. Les gilets n’ont pas l’intention d’être « récupérés » mais bien d’être rejoints par d’autres forces organisées tels que les syndicats avec leur préavis et leur expérience du blocage stratégique. Renault Cléon en guise de premier test fut une réussite.

Samedi, la CGT appelait à une manifestation en centre ville de Rouen. Syndicats, partis et gilets jaunes arpentèrent les rues de Rouen pour un total de 2000 manifestants. Même si la convergence est belle, les gilets ne se sont pas laissés engluer par la traditionnelle déambulation syndicale. À l’angle de la rue Jeanne d’Arc, ils font bifurquer le cortège qui, à un certain point, se scinde. Les gilets jaunes comptent reprendre le rond-point de la Motte. Arrivés sur place, le blocage se met rapidement en place. Les forces de l’ordre gazent. On déplore une arrestation.

Le rond-point des vaches a lui aussi été repris depuis son évacuation jeudi dernier. Samedi, le magasin electro-dépôt a été pillé. L’ambiance est toujours très bonne sur place.

 

TOURVILLE-LA-RIVIÈRE

De nouveau, la plus grosse zone commerciale de la région a été la cible du gilet jaune. Objectif : bloquer l’économie. Des équipes s’étaient retrouvées très tôt le matin pour préparer les barricades permettant de tenir les différents points de blocage. Dans la matinée, la majeure partie des gilets jaunes s’étaient regroupés sur l’entrée principale mais tous les points de blocage tenaient grâce à des équipes moins nombreuses mais déterminées.

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Pendant une bonne partie de la matinée, le blocage a fonctionné : carrefour et d’autres enseignes ont fermé leurs portes. Mais la pression du pouvoir fut très forte pour faire réouvrir la zone. Selon les gilets jaunes présents, la présence policière était plus forte que la semaine passée. En fin de matinée, les forces de l’ordre s’équipent pour déloger les occupants pendant que des gilets jaunes font le tour des magasins pour les faire fermer. Rapidement, la police gaze la foule qui s’éparpille. Tandis que certains mettent la pression sur l’Ikea, d’autres utilisent des grilles de chantier pour ralentir la police.

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La BAC, très mobile, fait la chasse aux gilets jaunes. La police gaze aveuglément. Une petite fille fond en larme apeurée par le bruit des explosions de grenades. Une sorte de nasse se forme près du MacDo. Les gilets jaunes sont contraints d’évacuer la zone, de l’autre côté du rond-point.

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Mais plusieurs gilets jaunes ont réussi à rester sur le parking et ont continué à jour au chat et à la souris avec la BAC, policiers en civil. Ils sont finalement rejoints pas d’autres manifestants qui parviennent à contourner la nasse policière. Ce nouvel agrégat de gilets jaunes continuent de mettre la pression aux magasins pour imposer leur fermeture. Carrefour, Décathlon, Dévianne, Misscoquine, But ferment tous les uns à la suite des autres.

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Vers 14h, les gilets jaunes se regroupent au rond-point du MacDo. Ils sont rejoints pas une équipe de motards. Les forces de l’ordre rétorquent aussitôt : gazage et tirs de flashball. À chaque charge s’en suit spontanément une contre-charge des manifestants. Sur un barroud d’honneur, les policiers bazardent une quinzaine de grenades lacrymogènes et se retirent.

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Un camion ravitaille aussitôt le blocage en palettes et pneus. De nouvelles barricades sont érigées. Les GJ sont 300. La zone commerciale est fermée. Nouvelle victoire. Au top.

 

BARENTIN

Pour le troisième weekend consécutif, la zone commerciale de Barentin est bloquée par des centaines de gilets jaunes postés sur le rond-point provenant de l’A150. La semaine dernière la police était intervenue obligeant les gilets jaunes à se réfugier dans la galerie commerciale. Une arrestation au moins était à déplorer. Ce weekend, une compagnie de gendarmes mobiles n’a pas hésité à faire usage de gaz lacrymogènes, matraques et arrestations. Si le ton hausse côté manifestant, la répression se durcit elle aussi.

Samedi 1er décembre :

Dimanche 2 décembre :

Arrestations sur le parking de MacDo dimanche 2 décembre à Barentin.